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Côte d’Ivoire : Guillaume Soro annonce la fin de son exil

L’ancien président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire ( 2012-2019), Kigbafori Guillaume Soro, a annoncé, ce 12 novembre, qu’il mettait fin à son exil pour compter de ce jour. Raison invoquée : difficulté de vivre loin de sa terre ancestrale et natale d’Afrique. Il n’a cependant pas communiqué de date concernant son retour en Côte d’Ivoire. 

Dans cette déclaration faite via ses réseaux sociaux, Guillaume Soro revient sur ce qu’il qualifie de “tentative de kidnapping à l’aéroport international d’Istanbul, en Turquie”.

“Rassurez-vous, je me porte bien”, déclare-t-il.

Selon lui, le président ivoirien, Alassane Ouattara, a tenté, le 3 novembre, de l’arrêter à l’aéroport d’Istanbul et de l’extrader, par une procédure d’urgence, en Côte d’Ivoire.

Une longue histoire

Dans sa déclaration, l’ancien Premier ministre ivoirien (2007-2012) est revenu sur ses cinq années hors du bercail.

“Depuis ces cinq longues années, l’obsession forcenée d’Alassane Ouattara à me mettre aux arrêts ne s’est jamais flétrie. Pis, elle s’est aggravée”, a-t-il relevé.

Deux peines pèsent sur Guillaume Soro. En avril 2020, il a été condamné à 20 ans de prison pour “recel de détournement de deniers publics”. Il sera par la suite condamné à la prison à perpétuité pour « atteinte à la sûreté de l’État » en juin 2021.

Pour Guillaume Soro, le Président Ouattara est l’instigateur de ces condamnations car “il ne s’est jamais agi de justice. Mais plutôt de perfidie”, dit-il.

“Après m’avoir fait condamner par une justice émasculée et aux ordres, successivement à 20 ans et à perpétuité, il a entrepris de déclencher contre moi une féroce chasse internationale à l’homme, en dépit des décisions de la Cour africaine des droits de l’Homme et des Peuples, qui a annulé toutes les poursuites contre moi, parce qu’elles étaient, vous le savez bien, politiquement motivées”,a-t-il relevé.

Combats diplomatiques

Les charges portées par Guillaume Soro contre son ancien allié sont nombreuses. Outre la question judiciaire, Guillaume Soro estime que le Président ivoirien met la pression sur ses pays d’accueil en vue de son extradition.

les présidents français et ivoirien/Ph.d’archives

“Déjà dans le courant de l’année 2020, précisément au mois de novembre, il a exigé de la France où je résidais mon arrestation et mon extradition. Paris, comme vous le savez, a décidé de m’interdire son territoire”,a-t-il confié.

Selon Guillaume Soro, après le succès de la pression d’Abidjan sur Paris qui aboutit à son départ de la France, Alassane Ouattara a demandé que la Belgique lui retirele visa .

“Du 14 au 18 février 2022, Alassane Ouattara a effectué une visite officielle en Belgique avec, parmi ses priorités, l’obtention de mon arrestation. Il a expressément exigé que le visa Schengen que je détenais ne soit pas renouvelé. Il a insisté auprès du gouvernement belge pour que ce pays ne me délivre aucun document administratif qui m’aurait permis d’y résider légalement. ”, explique-t-il.

Cette situation, dit-il, le contraint à emprunter une autre destination pour son exil.

En janvier 2022, il s’installe à Dubaï,aux Émirats Arabes Unis.

Selon Guillaume Soro,le 23 décembre de la même année, recevant les lettres de créance de l’ambassadeur des Émirats Arabes Unis, Alassane Ouattara “a profité pour réclamer” son arrestation et son extradition en Côte d’Ivoire”.

“Informé, j’ai dû me résoudre, la mort dans l’âme, à nouveau, à prendre le pénible chemin de l’exil, m’enfonçant toujours plus loin dans les confins du continent asiatique”,déclare l’ancien homme politique ivoirien.

Guillaume Soro estime que le Président ivoirien en veut à sa vie.

“La dernière tentative d’arrestation opérée à Istanbul démontre, si besoin en était, que le seul lieu de repos paisible que me souhaite M. Ouattara est bien le cimetière. Est-ce le lieu auquel on destine son bienfaiteur, celui qu’on affublait du « c’est mon fils »?”S’interroge-t-il avant de répondre par la négative.

Décision

“Je revendique le droit légitime à la vie.Et je n’irai pas plus loin dans mon exil. Je refuse d’être un fugitif, d’autant plus que, devant Dieu et les hommes, je ne suis coupable d’aucun forfait qui mériterait un tel châtiment”, déclare Guillaume Soro avec insistance avant d’annoncer la fin de son exil.

Ce dernier estime qu’il est difficile pour lui de vivre loin de ses origines.

“Il m’est pénible de vivre loin de ma terre ancestrale et natale d’Afrique,

Car je veux vivre dans la quiétude avec ma famille, mes proches et ceux que je chéris le plus.

Car je veux pouvoir contribuer à la réconciliation des fils et des filles de mon pays et apporter ma pierre à l’édification de la paix et de la concorde entre les peuples d’Afrique”, a-t-il conclu.

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